Née à Uccle en 1985, vit et travaille à Bruxelles.
Master en design textile à l’Académie des Beaux-arts de Bruxelles.
A ouvert en 2016 avec Line Godefroid, la papeterie et le studio graphique LUNDI - www.lundilundi.com

 

 

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Expositions

  • Dalonaz, Royal, Bruxelles, 2017
  • Bruxelles Design September, 2014
  • Sites en ligne, Silly, 2014
  • Visueel Festival Visuel, Berchem-Ste-Agathe, 2013
  • Une fois, Bruxelles, 2013
  • Sites en ligne, Silly, 2012
  • Design Nature, Biennale internationale du design de Liège, Liège, 2010
  • Design September, Bruxelles, 2009
  • Sites en ligne, Silly 2009
  • Tissus & +, Musée de la Mode et de la Dentelle, Bruxelles, 2009
  • Tremplin, WCC-BF, Mons
  • Exponentielle 12, Tour et Taxis, Bruxelles, 2009
  • Parcours Modo Bruxellae, Bruxelles, 2008
  • Oevertuur, MIAT, Gand, 200
  • Textiles, Dexia Art Center, Bruxelles, 2008
  • Sites en ligne, Silly, 2007
  • Parcours Modo Bruxellae, Bruxelles, 2006
  • Matières en question, Galerie Espace Blanche, Bruxelles, 2006 
 

«Prendre le temps… »

Avec « Pénélope », Kathrin Laurent nous transporte dans un univers où le temps est figé entre tissage et détissage. 
Plus qu’une référence au mythe grec, la série de photos retravaillées est une intense immersion dans un questionnement sur le temps qui nous construit et nous dépasse. 
Un travail fin sur l’expression de la patience et du souvenir. Quels sont ces portraits ? Qui sont ces femmes dont le regard reste troublé derrière une toile de liens ? Sont-elles notre ascendance ? Sont-elles mères? Filles ? Sœurs ? Amante ? Aimante ?

Créer un subtil trouble du souvenir est au cœur de la démarche de Kathrin Laurent. L’acte n’est pas anodin, il est réfléchi, précis, posé. Appliqué délicatement. 
Tout part d’un regard et de l’histoire qui se crée entre l’artiste et la découverte d’une photo, d’un passé enfoui. L’œuvre commence dans cette recherche et dans la relation qui se met en place entre la créatrice et la révélatrice.

Comme des miroirs tournés vers nos aïeux, chaque œuvre est un reflet altéré. Une broderie qui rappelle l’onde à la surface de l’eau sur laquelle on jette un caillou ou celle d’un regard furtivement lancé au croisement d’une autre personne.

Le passé nous appartient-il encore ?

Découvrir les œuvres de Kathrin Laurent c’est participer à cette lutte contre l’oubli et réinterroger ses propres racines. 
L’altération de la photo est un geste déterminé qui fixe l’âme dans un autre rapport que celui du souvenir. La fragilité de ces fantômes du passé devient une force. Ils ne sont pas que figés dans l’œuvre, ils n’appartiennent, juste plus à leurs propres histoires. Ils participent à la création. Ils redeviennent humains, presque vivants. Une seconde vie s’ouvre à eux, une nouvelle relation émerge avec le spectateur.

Il n’y a pas de souffrance dans ce travail. Seulement la volonté de réparer des souvenirs douloureux. Comme des points de suture ou des pansements, chaque piquage, chaque tissage sont des liens nouveaux qui recréent une forme insolite.

Une allégorie sur notre époque où les liens se perdent et où les racines se mêlent. Avec sa broderie, Kathrin Laurent anoblit les relations humaines et replace l’Humain au cœur de la vie. Nos histoires sont toutes le résultat de couches, de trames, de rencontres, d’oublis, d’actes mêlés. L’artiste unifie nos vies et nous rappelle la fragilité de nos existences. Sans personnes autour de nous, nous ne sommes presque rien. Un acte esthétique qui est une véritable mise en abîmes de notre amour de vivre.

Depuis toujours, les temps humains sont émaillés par la recherche de l’expression de motifs et d’embellissements de la réalité. Lier le souvenir à une recherche actuelle, prendre le temps de marquer des portraits oubliés, soutenir le mouvement du fil par la finesse d’un croisement, sont autant d’actes voulus pour nous rappeler l’insoutenable légèreté de nos existences et le fragile équilibre de nos errances entre notre passé et notre présent.

Matteo Segers
Curateur, Racagnac productions

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